Le concept de responsive Web design est intimement lié à l’émergence et l’adoption rapide des technologies mobiles au cours des dernières années. S’inspirant de l’idéologie de l’architecture interactive – c’est-à-dire une architecture physique s’adaptant aux besoins évolutifs de ses utilisateurs – le concept du design responsive définit une approche de conception d’interfaces Web visant à optimiser l’expérience de navigation et de rédaction des contenus peu importe la technologie utilisée.

Même si l’idée qu’un site Web doit être responsive est aujourd’hui tenue pour acquise, son origine est relativement récente et remonte à peine à 2010 dans un article du site de design A List Apart.

Les premières initiatives de sites responsives visaient essentiellement à adapter les interfaces Web préexistantes aux spécificités des nouvelles plateformes mobiles en termes de dimensions, d’affichages et de navigation. D’une perspective technique, l’idée n’était plus de développer un code (feuille de style) par type d’outil (à minima, le PC et le mobile (iPad/iPhone)), mais plutôt d’intégrer le principe de responsiveness à même la conception initiale et ainsi couvrir l’ensemble des formats d’interfaces, eu égard à la technologie utilisée, mobile ou pas.

Le concept s’est rapidement popularisé dans l’univers du Web en tant que véritable levier de l’expérience-utilisateur et les exemples d’interfaces responsives sont désormais nombreux. Facile à comprendre lorsque plus de 50% des connexions se font aujourd’hui via le téléphone intelligent ou la tablette numérique!

Responsive-Atelya

De responsive design à responsive experience

Mais le responsive design – ou plutôt la façon qu’il est appliqué – est-il suffisant pour assurer le succès tant recherché de l’expérience-utilisateur ? Selon Harry Blodgett, de la firme Tahzoo, la réponse est non. Simplement parce que le focus porte (trop souvent) sur l’outil ou l’interface à concevoir et pas suffisamment sur le contexte dans lequel l’expérience est vécue.

En d’autres mots, ce n’est pas tant le responsive design qui importe, mais bien la responsive experience.

Responsive Experience, nouveau buzzword ? Peut-être. Mais aussi une définition riche de sens pour tout designer d’environnement numérique. Une définition qui focalise sur l’importance d’optimiser et d’adapter l’ensemble d’un média, tant son contenu que son contenant, à l’utilisateur, à l’outil qu’il utilise et au contexte particulier dans lequel se déroule l’utilisation. Comme le précise Blodgett, « Great design should seek to create an experience responsive to who you are, what you need and where you’re coming from ».

La responsive experience, au-delà du responsive design, est donc une recherche de contextualisation de l’usage afin d’en optimiser la valeur – tant en situation de sédentarité qu’en situation de mobilité. Et son périmètre concerne à la fois l’externe de l’entreprise, soit les clients, et l’interne de l’entreprise, soit les employés.

Focus sur l’expérience (responsive) de l’employé

Comme le mentionnait mon collègue Luis Alberola dans son dernier billet, « les outils doivent céder la place à l’expérience ». L’expérience comprend, mais dépasse le périmètre des outils. Elle débute à l’arrivée de l’employé et s’étend jusqu’à sa sortie de l’entreprise, qu’elles soient physiques ou virtuelles.

Elle intègre certes les interfaces (idéalement responsives), mais aussi les processus, les dispositifs, les actions, de même que les interactions permettant la définition d’une culture propre. Et donc, d’une expérience-employé riche de sens.

Ce sens agit ainsi comme moteur de bien des changements technologiques en entreprise – au-delà des analyses « traditionnelles » de besoins, des devis fonctionnels et de la conception d’interfaces humains-machines. Le focus des projets porte alors de plus en plus sur l’usage et l’utilisabilité (le degré de confort avec lequel une tâche est accomplie) et, de façon plus globale, sur l’expérience vécue par l’employé.

Dans un contexte où le changement devient la norme et l’utilisateur est roi, cette recherche d’enrichissement de l’expérience n’est pas seulement importante, mais primordiale à l’adoption réussie d’un changement en entreprise.

Après tout, comme le mentionne Patrick Messier, de MESSIER Designers, « le design est fait pour amener du bonheur » à ceux qui en font l’usage!

 

Directeur Associé de Conseils Atelya. Passionné par les technologies collaboratives et la gestion de l’Innovation, Luc accompagne les décideurs des grandes entreprises montréalaises et françaises dans la compréhension de l’impact transformationnel des nouvelles technologies sur leurs modèles d’affaires. Il est reconnu pour son expertise en matière de conduite du changement, plus précisément dans l’élaboration de stratégies d’adoption et de gestion des technologies de collaboration interne. Depuis cinq ans, il est engagé dans la gestion de la croissance de la firme. Formation : M.Sc. en gestion (technologies de l'information) à HEC Montréal et est certifié ITIL. Intérêt : Stratégie, Architecture et Gouvernance digitale, Collaboration et Réseaux sociaux d’entreprise, Transformation organisationnelle, Transformation digitale, Maturité collaborative, Organisation connectée.