Fotolia_37122502_XSThe Economist publie cette semaine un bon article sur l’économie du partage. L’article se focalise sur le potentiel de cette « économie » de bouleverser un certain nombre de secteurs économiques comme l’hôtellerie ou la location de voitures. Mais cette approche n’aurait-elle pas aussi un potentiel en interne dans nos grandes entreprises ? Et de quelle façon les technologies sociales sont-elles concernées ?

Lorsque l’on creuse un peu la question, on se rend compte que le partage de ressources est une réalité dans le monde de l’entreprise : le partage des bureaux, la rotation des actifs, le partage des ressources humaines (de plus en plus). Et l’on se rend compte aussi qu’une économie du partage se met en place entre les collaborateurs de l’entreprise et l’entreprise elle-même : je parle évidemment du bien connu « BYOD » (bring your own device, amenez vos propres outils de mobilité). Le BYOD est intéressant en ce qu’il demande à l’entreprise et à ses collaborateurs de s’entendre sur les modes de partage – partage des coûts, mais aussi de la valeur :

Qui paye la connexion ?

Qui paye les logiciels ?

A qui est la propriété des actifs éventuellement produits sur le mobile d’un salarié, à l’entreprise ou au salarié ?

Qu’en est-il de la réglementation sur le temps de travail ?

Répondre à ces questions est important, parce que le BYOD n’est que l’arbre qui cache la foret. Après BYOD, il y a BYON (« bring your own network »), puis BYOS (« bring your own skills ») … et on pourrait sans doute aller plus loin. Le potentiel est important, si l’on imagine, par exemple, l’impact commercial qu’aurait l’exploitation (au bon sens du terme) par l’entreprise de tous les réseaux de ses salariés…

Il ne faut pas aller trop vite. Comme le souligne The Economist, l’économie du partage  doit aujourd’hui son succès à l’initiative individuelle et à une réglementation très légère. Et on ne peut pas dire que l’initiative individuelle et la légèreté des structures soient si courantes que ça dans le monde de l’entreprise.

Comme souvent, lorsque l’on parle de l’impact des technologies sociales, le rêve est magnifique, mais le chemin est long. Il demande des changements majeurs dans les modes d’organisation, de travail, de management … voir dans la gouvernance de l’entreprise.

On y travaille

@LuisAlberola

Directeur Associé de Conseils Atelya. Passionné par les technologies collaboratives et la gestion de l’Innovation, Luc accompagne les décideurs des grandes entreprises montréalaises et françaises dans la compréhension de l’impact transformationnel des nouvelles technologies sur leurs modèles d’affaires. Il est reconnu pour son expertise en matière de conduite du changement, plus précisément dans l’élaboration de stratégies d’adoption et de gestion des technologies de collaboration interne. Depuis cinq ans, il est engagé dans la gestion de la croissance de la firme. Formation : M.Sc. en gestion (technologies de l'information) à HEC Montréal et est certifié ITIL. Intérêt : Stratégie, Architecture et Gouvernance digitale, Collaboration et Réseaux sociaux d’entreprise, Transformation organisationnelle, Transformation digitale, Maturité collaborative, Organisation connectée.