Conseils Atelya était présent aujourd’hui à l’ouverture de la conférence « Enterprise 2.0 – Building social enterprise » se déroulant du 18 au 21 juin à Boston. Cette présence a permis d’assister aux ateliers et de rencontrer certains des penseurs les plus influents du monde de l’entreprise sociale et collaborative.

C’est d’ailleurs la conférence de Dion Hinchcliff et Peter Kim, respectivement vice-président exécutif et responsable de la stratégie chez Dachis Group, qui a permis de dresser les contours de cette « nouvelle » entreprise.

Partant de la prémisse que le changement n’est pas un choix mais une condition de survie, les conférenciers ont indiqué que les organisations qui survivront aux prochaines années sont celles qui réussiront la transformation « 2.0 », ou plus précisément la transformation vers la socialization, la mobilité et le big data.

La socialization fait référence à l’émergence du « 2.0 » et l’arrivée des réseaux sociaux en entreprise comme nouveaux canaux de communication et de gestion interne; la mobilité fait référence à la tendance de plus en plus forte d’utilisation d’outils mobiles et de besoins nomades; et le big data fait référence au phénomène d’infobésité dans les entreprises, tant dans le classement, l’accès et la gestion des informations.

Hinchcliff et Kim ont nommé le résultat de cette évolution d’un modèle traditionnel vers un modèle 2.0 la « nouvelle génération d’entreprise », notamment en précisant certaines de ses caractéristiques clés :

  • Une capacité d’adaptation aux changements radicaux,
  • Une gestion de flux continu des ressources,
  • Une culture centrée-réseau tant dans sa façon d’organiser les gens, la technologie et les modèles d’affaires qu’elle développe et exploite,
  • Une ouverture de son écosystème à des fins de croissance et d’agrégation d’idées,
  • Une compréhension des nouveaux modèles d’affaires digitaux et de nouvelles méthodes associées.
     

Cette évolution, selon les conférenciers, est à la fois le résultat de tendances externes et de pressions internes. D’une première part, l’espérance de vie des entreprises est de moins en moins grande : alors que cette dernière était estimée à 75 ans en 1940, elle est aujourd’hui réduite à tout au plus 15 ans faute d’adaptation à leur environnement. La vitesse d’adoption des nouvelles technologies est, quant à elle, de plus en plus rapide – tout comme la croissance de la population. En outre, comme l’indiquait la dernière étude d’IBM sur les défis des CEO, la vitesse et la complexité des changements sont de plus en plus élevées, et les entreprises qui survivront seront celles qui adapteront leur façon d’être et de faire.

D’une seconde part, les attentes des employés (actuels et futurs) envers les entreprises sont nouvelles et grandissantes. Dans leur quotidien, ces derniers utilisent activement les médias sociaux, accèdent à des technologies rapides et efficaces (sur le Web), et acquièrent des outils IT de moins en moins coûteux (mobiles intelligents, tablettes, …). Le résultat est donc une attente forte envers l’employeur, qui, pour sa part, n’arrive souvent pas à suivre ces tendances…

Les entreprises qui répondent déjà à ces tendances focalisent sur certains drivers :

  • La mise en place de plateformes sociales,
  • La mobilité,
  • L’effet réseaux (dans sa capacité à délivrer de la valeur à ses employés et ses clients),
  • L’abondance informationnelle (dans sa capacité à retrouver la bonne information),
  • La transposition des valeurs du Web 2.0, dont la transparence et l’ouverture,
  • Et la structuration du travail en communautés de savoirs et de pratique.
     

Finalement, les conférenciers ont indiqué certains des grands défis qui attendent les entreprises de demain dans la transformation « 2.0 » :

  • la culture du « business as usual »,
  • l’incapacité à gérer le changement,
  • les coûts de transition (notamment lorsque des coûts d’infrastructure IT seront nécessaires),
  • et la difficulté à repositionner les processus des chaines de valeur sur des modes collaboratifs, participatifs et innovants.

En conclusion, il parait évident que le changement le plus important ne sera pas un changement technologique, mais bel et bien un changement dans la façon de penser les entreprises : leurs outils, leurs processus, leur organisation, mais également leurs modèles d’affaires – d’un mode hiérarchique à un mode communautaire. Ces dernières seront, comme l’indiquent Hinchcliff et Kim, les précurseurs d’une nouvelle génération.

 

Auteur : Luc Lespérance, consultant